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Un phénomène inexploré dans le système de santé
«Chemsex – au-delà du sexe sous drogues»

Le terme chemsex englobe un phénomène socio-culturel complexe chez les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes et consomment des substances (appelées chems) dans le cadre des relations sexuelles. Le chemsex est associé non seulement à un risque accru de maladies sexuellement transmissibles et à des affections psychiques, mais aussi à de graves cas d’urgence pouvant se solder par des ­décès, d’où la nécessité d’y sensibiliser le personnel médical.

Introduction

Ces dernières années, un phénomène connu sous le nom de chemsex a suscité un intérêt scientifique croissant [1, 2]. La hausse de la consommation de certaines substances relatives au chemsex a été rapportée en particulier dans les domaines spécialisés de la santé publique, l’infectiologie ainsi que dans les centres de conseil, traitement et test pour les infections sexuellement transmissibles (IST) [3]. L’objectif est de prolonger et d’intensifier l’expérience sexuelle ainsi que de ressentir l’appartenance à un groupe.

Dans cet article, nous souhaitons présenter le phénomène du chemsex à un cercle médical plus étendu en Suisse. Le but est d’améliorer la compréhension d’un thème jusqu’à ce jour peu connu, afin de garantir un traitement et un soutien adéquats également pour les personnes qui ne semblent, au premier abord, pas concernées par ce phénomène – même si cela signifie «seulement» de les orienter vers un centre spécialisé.

Définition

Chemsex est un néologisme et un acronyme qui se compose des termes «chemicals»(substances) et «sex» [4]. Il décrit la consommation ciblée de certaines substances (chems) avant ou pendant l’activité sexuelle planifiée, afin de faciliter et d’intensifier l’interaction sexuelle, tout en éliminant les inhibitions sexuelles [4, 5] (tab. 1).

Tableau 1: Résumé des divers motifs de la pratique du chemsex, basé sur les résultats de l’étude réalisée par Weatherburn P et al. [19].
Compétences pour l’expérience sexuelle souhaitée:
Augmentation de la libido et du désir sexuel
Confiance sexuelle accrue
Désinhibition sexuelle
Hausse de la capacité de performance et l’endurance sexuelles
Intensification des qualités sexuelles appréciées:
Attractivité sexuelle accrue des partenaires
Intensification de l’expérience sexuelle
Augmentation de l’intimité
Renforcement de l’envie d’aventure sexuelle

Le terme est généralement employé en relation avec des hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Parmi les substances chimiques les plus utilisées se trouvent notamment la méphédrone, le γ-hydroxybutyrate (GHB), sa prodrogue la γ-butyrolactone (GBL) et la méthamphétamine [4, 6, 7]. En fonction de la littérature, la kétamine, la cocaïne, le nitrate d’amyle (poppers) et l’ecstasy (XTC, 3,4-méthylènedioxy-N-méthylamphétamine [MDMA]) font également partie des «chems» [5, 8, 9]. Les médicaments augmentant la puissance virile, tels que le sildénafil, peuvent être pris en supplément pour compenser les troubles érectiles provoqués par la méphédrone ou la méthamphétamine [10, 11]. Il n’existe aucune définition unique du chemsex. Ce terme doit toutefois être clairement distingué des relations sexuelles sous l’influence fortuite de substances [4, 7].

Epidémiologie

Les études concernant le chemsex et leurs comparaisons entre elles sont difficiles en raison d’une définition multiple et de diverses populations d’étude [2, 5]. Une revue réalisée par Edmundson et al. n’a pu inclure que 28 études sur le thème «sexualized drug use», dont seulement quatre se sont exclusivement consacrées au chemsex; la prévalence du chemsex au Royaume-Uni dans les «sexual health clinics» va de 17% chez les HSH à 31% chez les HSH VIH-positifs [5]. Dans la revue de Maxwell et al., la prévalence du chemsex variait fortement entre les pays, les différentes régions et même au sein d’un même pays [2]. L’étude de Schmidt et al. a identifié la résidence urbaine comme le prédicteur le plus élevé de la prise de chems [3]. En Suisse également, la plupart des rapports concernant la consommation de chems proviennent, selon les données actuelles, de la région urbaine de Zurich [12]. Cela montre que des facteurs culturels et sociaux exercent probablement une grande influence sur la pratique du chemsex [3]. D’autres différences géographiques se manifestent dans le choix des substances: les données actuelles indiquent en effet que les substances consommées diffèrent en fonction des régions [2, 5]. En Suisse, la consommation de méphédrone est très faible, contrairement au Royaume-Uni [12]. En revanche, une tendance croissante de la consommation de méthamphétamine et de GHB/GBL se manifeste chez les HSH, tandis que le comportement de consommation du groupe contrôle (non-HSH) est en régression [12]. Cette tendance a été confirmée dans d’autres études [4, 5, 7, 13]. Le chemsex a lieu aussi bien dans la sphère privée que dans les lieux publics de sexe (sex-clubs, saunas) [2, 4, 7]. La recherche de partenaires sexuels s’effectue par le biais de «geo-social networking apps» spécialisées qui sont désormais à la disposition des personnes intéressées par le chemsex ou sur les lieux publics de sexe [4]. Voir le tableau 1 concernant la motivation.

Répercussions sur la santé

Comportement sexuel à risque accru

De nombreuses études ont montré un rapport significatif entre le chemsex et le risque accru de IST, en particulier le VIH [2, 4, 5, 12, 14]. Plusieurs facteurs sont alors déterminants:

Sous l’influence de chems, il existe un risque accru de pratique sexuelle non protégée [2, 12]. Les relations sexuelles non protégées par un préservatif sont parfois privilégiées par rapport à celles protégées par un préservatif. La recherche d’un partenaire séroconcordant est censée minimiser le risque de transmission [4, 10]. En raison de la capacité de discernement entravée par les chems concernant le statut sérologique, le risque de transmission des IST augmente [4].

Par ailleurs, le chemsex est souvent pratiqué en groupe, ce qui accroît à nouveau de risque d’infection [2, 4, 7, 12]. Les fêtes chemsex durent parfois plusieurs jours, ce qui est rendu possible par la hausse de performance physique due aux chems [4, 15]. Les rapports sexuels prolongés entraînent une contrainte mécanique accrue de la muqueuse, augmentant le risque de lésions traumatiques de la muqueuse et ainsi le risque d’infection par des IST, en particulier le VIH et l’hépatite C [4, 15]. En outre, les chems accroissent la disposition aux pratiques sexuelles sujettes aux lésions (p. ex. fisting = pénétration anale par le poing) [2, 5, 7]. Les pratiquants du chemsex qui s’injectent les substances en intraveineuse (surtout la méthamphétamine et la méphédrone), ce qui est également appelé «slamming/slamsex», présentent en particulier un potentiel de risque sexuel accru [16]. Du fait de l’utilisation commune de seringues et autre «matériel d’injection», le «slamsex» peut aboutir à la transmission de «blood borne viruses» (BBV) tels que le VIH, l’hépatite C et B. L’introduction intra-rectale de chems («booty bumping») s’accompagne d’un risque de formation de fissures rectales [7]. Outre les IST «classiques», le chemsex est associé à la transmission d’autres maladies infectieuses. En 2012, une épidémie de Shigella flexneri a pu être mise en relation avec des sex-parties entre HSH [10]. Les pathogènes entérogènes peuvent être transmis par des pratiques sexuelles à risque telles que le sexe ano-oral ou la coprophilie [5].

Traitement antirétroviral: baisse de ­l’observance médicamenteuse et ­interactions

La consommation de substances peut avoir une influence négative sur le traitement antirétroviral (TAR) [12]. Une baisse de l’observance médicamenteuse a été observée en particulier avec la prise de GHB/GBL, cocaïne, amphétamine et métamphétamine [12, 17]. Comme le chemsex est plus répandu chez les HSH VIH-positifs que chez les HSH VIH-négatifs [2, 4, 5], la perturbation négative de l’observance du TAR peut avoir de graves conséquences et entraîner une hausse de la charge virale, ce qui augmente à son tour le risque d’une infection par le VIH. Il convient par ailleurs de tenir compte des interactions possibles entre les chems et les médicaments antirétroviraux.

Effets indésirables spécifiques des ­substances

Outre les effets souhaités par les consommateurs, les chems présentent aussi de nombreux effets indésirables (tab. 2). Les quatre chems classiques (méthamphétamine/méphédrone/GHB/GBL) ont un potentiel élevé de dépendance [18]. Les effets de GHB/GBL dépendent fortement de la dose, ce qui peut souvent entraîner des surdosages. En raison du risque d’accumulation, GHB/GBL sont difficiles à doser et souvent pris en association avec d’autres chems (méphédrone ou méthamphétamine) et/ou d’alcool. Un surdosage de GHB/GBL peut causer une perte de connaissance et, dans le pire des cas, une dépression respiratoire et le décès. D’autres effets indésirables possibles incluent les vomissements et les troubles de la fonction intestinale et/ou vésicale [7]. Concernant la perte de connaissance, les utilisateurs ont rapporté, dans une étude londonienne, des rapports sexuels non consentis, tandis que beaucoup ont souligné qu’il était difficile de faire la distinction entre rapport sexuel consenti et non consenti sous chems [7]. Une étude récemment publiée issue des Pays-Bas a en outre montré que les expériences sexuelles non voulues n’étaient pas rares sous chems (19% des pratiques sexuelles non consenties) [8]. Lors de séances de chemsex impliquant la méth­amphétamine, des cas de paranoïa extrême et d’attaques de panique ont été rapportés [7]. D’autres effets indésirables de la méthamphétamine incluent l’hyperthermie, la tachycardie et l’hypotension, susceptibles d’entraîner, dans le pire des cas, un infarctus myocardique, un accident vasculaire cérébral ou le décès [19]. Après un trip, les consommateurs sont souvent épuisés, agressifs et paranoïaques, même suicidaires dans certains cas. L’apport alimentaire inexistant ou parfois malsain peut entraîner des problèmes gastriques tels que des brûlures d’estomac ou une gastrite.

Tableau 2: Résumé des divers effets des chems, basé sur [22].
ChemsSynonymesSubstance chimiqueForme d’administrationEffets souhaitésEffets indésirables
GHB/GBLG, Ginaγ-hydroxybutyrate ou γ-­butyrolactone– Mélangé dans une boisson non alcoolisée– Détente, relaxation– Hausse de la libido– Vertiges– Confusion– Somnolence– Nausées et vomissements– Spasmes– Coma– Décès– Apparition de tolérance– Dépendance physique
Méthamphétaminecrystal, Tina, T, methStimulant ­amphétaminique ­synthétique– Fumer– Inhaler– Injecter– Augmentation de la capacité de performance et de l’endurance– Confiance en soi accrue– Hausse de la libido– Désinhibition sexuelle– Baisse de la sensibilité à la douleur– Hyperthermie, hypertension, tachycardie– Risque d’infarctus myocardique ou d’accident vasculaire cérébral– Perte d’appétit– Insomnie– Paranoïa– Crises anxieuses– Suicidalité– Reflux– Gastrite– Dysfonction érectile– Apparition de tolérance– Potentiel de dépendance accru
Méphédronemeph, drone, m-cat, MCAT, meow, meow meow, plant food/feeder, bath saltsCathinone de synthèse, ressemblance chimique à ­l’amphétamine– Inhaler– Avaler– Injecter– Euphorie– Hause de la libido– Eveillé– Empathique– Extroverti– Confiance en soi accrue– Dépression– Mauvaise humeur après le trip– Troubles de la concentration – Lésions des muqueuses et ulcérations buccales

Répercussions psychosociales

Les affections psychiques telles que les dépressions et les troubles anxieux surviennent plus fréquemment chez les pratiquants du chemsex que les non-pratiquants [12, 16]. La corrélation de ce rapport ainsi que la question de savoir si les dépressions et troubles anxieux aboutissent plutôt au chemsex ou si ce dernier peut déclencher dépressions et troubles anxieux ne sont pas élucidées. Etant donné qu’une dépression peut renforcer le comportement sexuel à risque, le rapport entre la consommation de chems et leurs répercussions sur le psychisme doit être mieux étudié [12]. Le chemsex régulier peut entraîner une perte de la libido à l’état «sobre», de sorte que, dans le pire des cas, la sexualité ne peut plus avoir lieu sans substances [19].

Outre les conséquences physiques et psychiques, la pratique régulière du chemsex a des répercussions sur la vie sociale. Ainsi, après avoir souvent participé à des fêtes chemsex, il peut être difficile de nouer des relations émotionnelles à l’état «sobre» et de maintenir celles-ci. Il existe un risque que la vie sociale se concentre de plus en plus sur les interactions avec d’autres pratiquants du chemsex et que le contact avec la famille et les amis se perde [1]. A long terme, il existe un risque d’isolement social [20].

Sur le plan financier, le chemsex peut aussi avoir des conséquences négatives. D’une part, il existe un risque d’endettement en cas de dépendance croissante aux chems [1, 9]. D’autre part, des absences répétées au travail, des troubles de la concentration et des déficits de la performance cognitive peuvent occasionner des difficultés professionnelles [7].

Prévention et traitement

En raison du manque de données épidémiologiques, il est difficile d’enregistrer pleinement l’ampleur du chemsex et de déterminer combien de pratiquants du chemsex souhaitent de l’aide. La majorité des HSH adeptes du chemsex consomment des chems pour intensifier les expériences sexuelles et ne ressentent aucune souffrance. Certains hommes présentent toutefois le besoin d’un conseil ou soutien professionnel pour surmonter les problèmes liés au chemsex. Selon une étude hollandaise, les hommes pratiquant souvent le chemsex et n’ayant pas eu de rapports sexuels sans substances depuis longtemps sont ceux qui recherchent en particulier une aide spécialisée (23%). A l’inverse, 21% des utilisateurs ont déclaré ne souhaiter bénéficier d’aucun conseil professionnel car ils se sentaient stigmatisés (7%), en raison d’une atmosphère de tabou (6%), des connaissances insuffisantes des professionnels sur le chemsex (5%) ou par honte (3%) [8].

Une équipe belge suit une approche différente [21]. Avec le «Chemified Project», une application pour smartphone destinée aux HSH a été développée à Anvers afin de pouvoir proposer à tout moment une aide simple et ciblée concernant les problèmes liés au chemsex. L’application ne remplace néanmoins pas les offres de soutien des centres spécialisés, mais constitue un outil supplémentaire d’aide. Selon les sujets tests, les thèmes suivants devraient être abordés/ traités:

– astuces visant à réduire le risque et minimiser les dommages avant et après le chemsex;

– accès facile à des informations fiables sur les substances et la santé sexuelle;

– surveillance du nombre de séances de chemsex en vue de la sensibilisation et la réflexion;

– pouvoir aussi consulter les aides pendant les séances de chemsex afin de pouvoir réagir de manière adéquate aux problèmes aigus pendant les rapports;

– aperçu des centres spécialisés existants.

En Suisse, les personnes concernées trouvent le matériel d’information correspondant principalement en ligne (tab. 3). Les offres de soutien relatif au chemsex sont proposées dans la plupart des grandes villes au sein d’un réseau assuré par Checkpoint en coopération avec l’Aide Suisse contre le Sida ainsi que dans les grands hôpitaux résidents. Les centres thérapeutiques spécialisés dans le chemsex sont rares en Suisse (ARUD Zurich). Le tableau 4 présente une liste des points de contact en Suisse.

Tableau 3: Information et conseil en ligne sur le chemsex.
Site WebLien
Aide Suisse contre le Sida 
Dr Gay (de l’Aide Suisse contre le Sida) 
FridayMonday 
Ich weiss was ich tu. Schwuler Sex. Schwules Leben‍. 
Lovelife 
Santé Sexuelle Suisse 
Tableau 4: Points de contact proposant une offre de conseil sur le chemsex en Suisse.
CantonPoint de contact
ArgovieSexuelle Gesundheit Aargau
BâleAids-Hilfe beider Basel, Checkpoint Basel
BerneCheckpoint Bern, Centre de Santé Sexuelle – Planning Familial du Jura bernois, Zentrum für sexuelle Gesundheit Biel
FribourgCentre Empreinte, Fondation du Tremplin
GenèveCheckpoint Genève, Groupe santé Genève
GrisonsAids-Hilfe Graubünden
LucerneCheckpoint Luzern, S&X Sexuelle Gesundheit Zentralschweiz
NeuchâtelGSN – Générations Sexualités Neuchâtel
Saint-GallFachstelle für Aids- und Sexualfragen, Kantonsspital St. Gallen, Klinik für ­Infektiologie
TessinEOC Abteilung für Infektionskrankheiten, Zonaprotetta
VaudFondation PROFA Checkpoint Vaud
ValaisAids-Hilfe Oberwallis, Antenne sida Valais romand
ZurichArud Zentrum für Suchtmedizin, Checkpoint, checkin Zollhaus, Sexuelle Gesundheit Zürich SeGZ

Remarques et perspectives

En Suisse, peu de données sont à ce jour disponibles sur le chemsex. La plus grande étude suisse actuelle, réalisée par Hampel et. al., s’est exclusivement concentrée sur les HSH VIH-positifs et ne peut donc pas être transposée à la population générale [12]. Bien que des études montrent que la consommation de drogues est supérieure chez les HSH que chez les non-HSH, la question se pose de savoir si le phénomène ne devrait pas aussi être examiné davantage parmi les non-HSH. En particulier, le comportement de consommation des femmes n’a globalement pas été étudié jusqu’à présent. La majorité des études réalisées jusqu’à ce jour ont pu montrer un rapport entre le chemsex et les IST et autres risques sanitaires. La problématique de l’absence de causalité demeure toutefois et d’autres études dans ce domaine sont indispensables.

Pour résumer, il existe une nécessité urgente de définir de manière uniforme le chemsex afin de comprendre et d’enregistrer pleinement l’ampleur de la problématique et les risques sanitaires du chemsex. Cela constitue la base de la poursuite de recherche, qui assure à son tour une meilleure prévention et un meilleur traitement pour ceux qui sont lésés par le chemsex.

L’essentiel pour la pratique

• Le chemsex désigne l’activité sexuelle sous la prise de substances (chems) telles que GHB/GBL, la méthamphétamine et la méphédrone afin d’accroître la libido, l’expérience sexuelle, la durée et l’intensité. Le terme est utilisé dans le cas d’hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.

• Le chemsex augmente le comportement sexuel à risque, notamment en ce qui concerne les rapports sexuels non protégés, la multiplicité des partenaires, les longues sex-parties, les pratiques sexuelles à risque telles que le fisting ou l’anulingus, ainsi que la faible observance d’un éventuel traitement antirétroviral contre le VIH.

• Le personnel médical doit être familiarisé avec le phénomène du chemsex ainsi que les motifs et risques sous-jacents afin de pouvoir assurer un soutien adéquat. Il convient d’aborder ouvertement le thème du chemsex avec les patients à risque. Ainsi seulement les risques sanitaires peuvent-ils être minimisés.

• Points de contact en Suisse: Checkpoint, Dr Gay – Aide Suisse contre le Sida, ARUD Zürich (liste non exhaustive, cf. tab. 3 et 4).

Les auteurs ont déclaré ne pas avoir de conflits d’intérêts potentiels.

Image d'en-tête: © Sharpshot | Dreamstime.com

Correspondance:
Dr méd. Simone Blunier
Universitäres ­Notfallzentrum
Inselspital, ­Universitätsspital Bern
Freiburgstrasse 16C
CH-3010 Bern
simone.blunier[at]extern.insel.ch

 1 Platteau T, Pebody R, Dunbar N, Lebacq T, Collins B. The problematic chemsex journey: a resource for prevention and harm reduction. Drugs Alcohol Today. 2019;19(1):49–54.
 2 Maxwell S, Shahmanesh M, Gafos M. Chemsex behaviours among men who have sex with men: A systematic review of the literature. International Journal of Drug Policy. 2019;63:74–89.
 3 Schmidt AJ, Bourne A, Weatherburn P, Reid D, Marcus U, Hickson F. Illicit drug use among gay and bisexual men in 44 cities: Findings from the European MSM Internet Survey (EMIS). International Journal of Drug Policy. 2016;38:4–12.
 4 Bourne A, Reid D, Hickson F, Torres-Rueda S, Weatherburn P. Illicit drug use in sexual settings (‘chemsex’) and HIV/STI transmission risk behaviour among gay men in South London: findings from a qualitative study: Table 1. Sex Transm Infect. 2015;91(8):564–8.
 5 Edmundson C, Heinsbroek E, Glass R, et al. Sexualised drug use in the United Kingdom (UK): A review of the literature. International Journal of Drug Policy. 2018;55:131–48.
 6 McCall H, Adams N, Mason D, Willis J. What is chemsex and why does it matter? BMJ. 2015;h5790.
 7 Bourne A, Reid D, Hickson F, Torres-Rueda S, Steinberg P, Weatherburn P. «Chemsex» and harm reduction need among gay men in South London. International Journal of Drug Policy. 2015;26(12):1171–6.
 8 Evers YJ, Hoebe CJPA, Dukers-Muijrers NHTM, et al. Sexual, addiction and mental health care needs among men who have sex with men practicing chemsex – a cross-sectional study in the Netherlands. Preventive Medicine Reports. 2020;18:101074.
 9 Bourne A, Reid D, Hickson F, Torres-Rueda S, Weatherburn P. The Chemsex Study: drug use in sexual settings among gay and bisexual men in Lambeth, Southwark & Lewisham. London: Sigma Research; 2014.
10 Gilbart VL, Simms I, Jenkins C, et al. Sex, drugs and smart phone applications: findings from semistructured interviews with men who have sex with men diagnosed with Shigella flexneri 3a in England and Wales: Table 1. Sex Transm Infect. 2015;91(8):598–602.
11 Mephedrone. Friday/Monday. Accessed Oct 19, 2020. https://www.fridaymonday.org.uk/drug-types/mephedrone/.
12 Hampel B, Kusejko K, Kouyos R, et al. Chemsex drugs on the rise: a longitudinal analysis of the Swiss HIV Cohort Study from 2007 to 2017. HIV Med. 2020;21(4):228–39.
13 Hunter LJ, Dargan PI, Benzie A, White JA, Wood DM. Recreational drug use in men who have sex with men (MSM) attending UK sexual health services is significantly higher than in non-MSM. Postgrad Med J. 2014;90(1061):133–8.
14 Kohli M, Hickson F, Free C, Reid D, Weatherburn P. Cross-sectional analysis of chemsex drug use and gonorrhoea diagnosis among men who have sex with men in the UK. Sex Health. 2019;16(5):464.
15 Hegazi A, Lee M, Whittaker W, et al. Chemsex and the city: sexualised substance use in gay bisexual and other men who have sex with men attending sexual health clinics. Int J STD AIDS. 2017;28(4):362–6.
16 Dolengevich-Segal H, Gonzalez-Baeza A, Valencia J, et al. Drug-related and psychopathological symptoms in HIV-positive men who have sex with men who inject drugs during sex (slamsex): Data from the U-SEX GESIDA 9416 Study. PLoS ONE. 2019;14(12):e0220272.
17 Lai H-H, Kuo Y-C, Kuo C-J, et al. Methamphetamine Use Associated with Non-adherence to Antiretroviral Treatment in Men Who Have Sex with Men. Sci Rep. 2020;10(1):7131.
18 Crystal meth. Friday/Monday. Accessed Oct 19, 2020. https://www.fridaymonday.org.uk/drug-types/crystal-meth/.
19 Weatherburn P, Hickson F, Reid D, Torres-Rueda S, Bourne A. Motivations and values associated with combining sex and illicit drugs («chemsex») among gay men in South London: findings from a qualitative study. Sex Transm Infect. 2017;93(3):203–6.
20 Macfarlane A. Sex, drugs and self-control: why chemsex is fast becoming a public health concern. J Fam Plann Reprod Health Care. 2016;42(4):291–4.
21 Platteau T, Herrijgers C, de Wit J. Digital chemsex support and care: The potential of just-in-time adaptive interventions. International Journal of Drug Policy. 2020;85:102927.
22 Friday/Monday. Friday/Monday. Accessed Oct 27, 2020. https://www.fridaymonday.org.uk/.

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